Politics & Government

ENAM and the Illusion of Change

The writer examines how Cameroon's elite civil service institution, ENAM, perpetuates a cycle of careerism and self-interest rather than public service. Through a personal debate with a friend who entered ENAM, the piece argues that the institution embodies a deeper cultural problem: the pursuit of stability and status over genuine nation-building.

Emmanuel AsaforEmmanuel Asafor· 21 January 2018

Tino Foy avait dit dans une de ses publications que quiconque souhaite faire changer les choses au Cameroun devra d'abord fermer l'Enam. Nous en avons bien ri. Vu le nombre de personnes prêtes à vendre leurs âmes au diable pour avoir une place dans ladite institution, la proposition comme quoi elle devrait être tout simplement scellée est carrément inconcevable.

J'ai pensé qu'elle était hilarante jusqu'au jour où j'ai commencé à penser à l'éventualité. Enfin, nous avons tous un moment où le doute méthodique s'empare de notre esprit et nous pousse à philosopher, non?

Un de mes amis a réussi au concours d'entrée à l'Enam, récemment. Grande a été notre joie, étant donné le degré de mystification qui diminue énormément les chances de bon nombres de candidats qui souhaitent y accéder. Ceci dit, des amis, parmi lesquels cet ami, et moi échangions au cours d'un débat assez houleux, à la suite des propos de Donald Trump qui qualifiaient certains pays de « merde ».

À mon avis, Donald Trump a entièrement raison ; au lieu de réclamer des excuses pour panser leur fierté meurtrie, les pays africains, parmi lesquels le Cameroun, devraient voir en ces insultes un rappel à l'ordre. Mon ami a rétorqué en disant que « Ces propos ne sont pas dignes du leader de la première puissance du monde. »

Très vite, nous avons rapproché la situation à celle de notre triangle national. Comme à mon habitude, j'ai débité critique sur critique contre le gouvernement, tandis que mon ami jouait les avocats de diable. Lorsque le débat à atteint son summum, il a dit quelque chose qui a retenu mon attention ...en fait, il en a dit deux :

D'abord, il a dit que le gouvernement lui a fournit une certaine STABILITÉ, et pour cela il lui sera éternellement reconnaissant. Cette déclaration est la quintessence même du status quo qui prévaut. Plus personne ne rentre dans la fonction publique avec pour intention de servir la nation, mais plutôt, chacun chérit l'espoir de s'assurer une sorte de sécurité ainsi qu'un certain statut en tant que membre du corps administratif. Ceux qui parviennent à l'intégrer sans arrière pensée sont vite corrompus et engloutis par l'idéologie de la majorité qui consiste à se servir, autant que faire se peut, sans tenir compte des besoins de la masse qu'ils sont censés autonomiser.

Ensuite, j'ai dit que chacun devrait mettre la main à la pâte afin de relever notre pays et combattre le système défaillant. À cela, mon ami me répond « Ce n'est pas ça qui va remplir le frigo. » Cette phrase résume parfaitement le mode opératoire adopté par nos administrateurs publics qui, au lieu d'assumer honnêtement leurs fonctions, sont plutôt occupés à épaissir les marmites à soupe de leurs épouses, tout en prenant de l'embonpoint.

À la lumière de ces affirmations, il est évident que l'émergence du Cameroun en 2035 n'est qu'illusion car ceux qui ont intégré les institutions d'États il y a quelques mois (2017) fonctionnent avec la même mentalité qu'avaient leurs aïeux en 1982.

Toutefois, je ne saurais déposer ma plume sans faire de propositions qui pourraient mettre fin à cette manière de penser et d'agir: Il faut d'abord que nos parents arrêtent de prêcher la fausse évangile selon laquelle « nul ne jouira d'une vie confortable sans le précieux matricule ».

Il faut, ensuite, que les jeunes cessent de se laisser impressionner par les gros ventres habillés en costumes « haute couture » qui sillonnent nos rues en cortège de 10 voitures, et à croire que la vie se résume à cela. Les plus grandes réalisations sont les accomplissements personnels : Martin Luther King Jr, Bill Gates, Steve Jobs, Andrew Carnegie et plein d'autres l'ont démontrés.

Et enfin, nous devons mettre nos actes et nos pensées à jour, sans perdre de vue qu'avoir un poste de responsabilité est un appel pour servir; servir le public et non servir un groupuscule de personnes et soi-même.

- Asafor Emmanuel

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